Jour du dépassement.
Une belle fête.
On a célébré la Fête de la Terre le 22, on l'a dépassée le 24. Aucun doute, l'année prochaine on vise le même jour, qu'il faudra certainement avancer à début avril pour augmenter les chances de succès. Ça, c'est pour la France, de son côté le Qatar est un early-adopter, c'était le 4 février le jour du dépassement de la Terre pour les qataris cette année, ils vont rapidement pouvoir le fêter au Nouvel An. Chez nous, les ressources ont donc littéralement fondu comme neige au soleil, à la fin de l'hiver. Reste à savoir si la logique est pertinente, celle de remettre le compteur à zéro avec des milliers de feux d'artifices au 1er janvier. Il est temps que Guiness sorte une édition spéciale Planète pour son Livre des Records, celle qui deviendra la prochaine encyclopédie Universalis, que retrouveront peut-être les prochaines vies dans des milliards d'années, en espérant qu'elles sachent lire.
Une mauvaise tête.
Ce 24 avril fût le jour du dépassement de la Terre et le jour du dépassement de la tête, pour moi. La même sentation d'avoir consommé toutes les ressources et de vivre désormais à crédit. Cette même acceptation, cette même résignation. On continue dans le mur, il finira bien par casser et on découvrira derrière un clip à la Mickey 3D. De nouvelles illusions, la frontière entre rêve, cauchemar et paranoïa est de plus en plus floue, j'ai pourtant de nouvelles lunettes. Je vois mieux, mais elles donnent mal à la tête. C'était peut-être mieux avant, dans le confort de mal voir, ça aide pour regarder ailleurs. Heureusement qu'il y a des vacances à venir et avec elles des Guiness à ouvrir et du soleil pour s'éblouir.
Il faut voir le bon côté des choses !
Il doit y avoir une logique derrière tout ça. Après tout, le seul moyen de gagner, c'est de dépasser et de se dépasser. Quand il n'y aura plus de ressources à se régénérer, il n'y aura plus de jour de dépassement, plus de "zut" à partager et plus de questions à se poser. Ce sera tellement plus simple. Au revoir la frousse, bonjour les faits. On aura plus à culpabiliser, on sera léger dans nos combinaisons anti-gravité, on dodelinera dans nos casques, on dansera dans nos moon-boots. Fini le FOMO, il n'y aura plus rien à manquer. Le verre sera finalement complètement vide et on l'imaginera enfin complètement plein.