Le Bilan.
Il est judicieux de faire un bilan des réalisations 2025 avant de passer aux résolutions 2026. Franck Ribéry dirait certainement que rien ne sert de rêver de Ligue 1 pour l'année prochaine quand on vient de monter en National, et il n'aurait pas tort. Quant à Guy Lux, il dirait que continuer à poser les mauvaises questions ne fait pas avancer le Schmilblic, et il n'aurait pas tort non plus. Alors je me mets dans les bonnes conditions pour monter en Ligue 2 et pour trouver l'objet mystère, et je fais le bilan, calmement, me rémémorant chaque instant.
L'appartement.
On s'est compromis avec un jour d'avance, le 31 décembre 2024, entre une toux et une coupe de champagne. Puis on a passé trois mois à choisir un canapé, dans lequel on s'affale désormais chaque jour avec le sourire, en évitant de regarder vers la cuisine, qui tombe en ruine (2026). Pour tout le reste, on est émerveillé d'avoir notre chez-nous, nos quelques mètres carrés et le port à côté, heureux d'avoir enfin les deux pieds à terre et de se la jouer, pour un temps, un peu sédentaire.
Le chien.
Il manquait un repose-pied pour le canapé, on a trouvé un chien bien enrobé. Un inactif trop âgé dont on s'est débarrassé et qui attendait deux actifs qui rêvent de retraite. Un amoureux de la bouffe, de la sieste, des caresses et des balades sans laisse, la seule différence entre nous, c'est son appétit pour la merde de ses congénères. Mais on lui pardonne car, dans nos vies, il est devenu bien plus qu'un tabouret, c'est le ciment d'un début de famille.
L'île.
On ne peut pas imaginer une année réussie sans Italie. Et, dans un souci d'écologie, il suffit désormais de traverser la frontière pour trouver le paradis. À Sensole, Sinus Solis, "le sein du soleil", sur l'île de Monte Isola, pour être précis. Une parenthèse enchantée au milieu de l'année, à l'endroit même où les rêves de Christo se sont exprimés. Alors je pense aux miens, je pense à Damasio qui se disait : "Alain, La Horde du Contrevent tu la réussiras, uniquement, quoi, uniquement si tu t'isoles, tu comprends ce que ça veut dire "isoles" ? Isola, l'île quoi." Il y a justement des endroits comme Monte Isola qui respirent l'inspiration, où tu veux te remettre à écrire.
La fromagerie.
Parfois les envies se transforment en lubies. À moins que ce ne soit les ras-le-bol de boulot qui se transforment en ras-de-marée d'idées. Celle de retrouver blouse, toque et couteau de fromager était à deux doigts de se concrétiser. Et puis les bons mots, le repos, le retour calme à la réalité pas si damnée. "A cheese bar ?! OK..." Au moins les patrons y sont déjà préparés, alors, si un jour ça se fait, il faudra les inviter pour les remercier. Pour l'instant, c'est en partie pour eux que je suis resté, et surtout pour cette fameuse stabilité.
La famille.
Chaque année apporte son lot d'aventures, d'avancées, d'idées et de difficultés, mais chaque année se termine en famille, autour de la table rallongée, dans des discussions animées. Autour de maman petits et grands enfants refont l'histoire par tous temps, dressent des bilans annuels toujours différents mais toujours rassurants. Car l'important c'est que tout le monde soit là et qu'avec la grande éloquence qui nous caractérise quand il s'agit de parler de soi : "ça va". On avance pudique, mais pas de doute, on avance.