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Mirage, mirage.

Que retenir ? Que la vie est plus belle en basket. Que je n'ai pas retenu ce que j'avais envie d'écrire.
Mirage, mirage.
Photo by Sander Weeteling / Unsplash

Que retenir ?

Que la vie est plus belle en basket. Que je n'ai pas retenu ce que j'avais envie d'écrire. Que la crème de parmesan rend le monde meilleur. Que les jeux à gratter sont majoritairement perdants. Que d'être seul au monde à nager dans une piscine à débordement face aux collines toscanes c'est bien. Mais que de boire un amaro entre amis dans un verre en plastique debout sous les arcades bolognaises, en fait, c'est mieux. Que les feux sont évidemment trop souvent au rouge dans les villes de gauche. Mais que les gens y ont le sourire plus contagieux, la voix plus résonnante, le geste plus convaincant. On se retrouve par exemple à table avec une apicultrice, une marionnettiste et une prof de cross-fit dans les prisons à parler d'un vendeur de vermouth dans le Sud de la Sicile qui nous unit. On est toujours dans l'hémisphère Nord mais tout est retourné, et j'ai encore le tournis. Le vin fut bon, certes. On a fait le plein de pâtes et de potes, reste à savoir si on aura la force de revenir.

Tenir encore.

Toujours cette même impression, ma réalité est d'une clarté qui j'ai du mal à lire. Comme un mauvais personnage collé sur le front. Toujours ces ballonnements que j'accepte alors qu'ils n'ont rien à voir avec le gluten d'une pasta, d'une pizza ou d'une piadina. Avec celui-là j'ai le pet joyeux, avec le reste j'ai le pet inquiet. Et je me retiens, je peux tenir encore. Je m'accroche à un savoir-faire et à un savoir-être, qui n'ont pour vertu que d'être mirages d'une réussite au loin. Ils sont en réalité des boulets qui font enfler les chevilles et empêchent d’avancer ou de tituber. Des œillères qui empêchent de voir autre chose. Heureusement laissées sur le bureau avant de partir. J'ai pu admirer un autre monde avec les yeux de quelqu'un que je pourrais être.