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Homo abitus perditus.

Il fait déjà trop chaud pour écrire. Je vais bientôt transpirer des doigts.
Homo abitus perditus.
Photo by Johannes Plenio / Unsplash

Il fait déjà trop chaud pour écrire.

Je vais bientôt transpirer des doigts. Quand je pense qu'en Finistère on transpire déjà du cul, c'est à peine croyable. Bonne fête maman, tiens, une canicule, c'est une plante tropicale qui s'adapte bien. Ici, on respire encore, c'est grâce au meilleur investissement de l'année : un ventilateur de plafond. Tellement sous-côté, ça aussi c'est à peine croyable. Le lobby de la clim a fait du bon boulot, ça donne froid dans le dos. Je lance donc un appel aux amis bretons : cet été, venez chercher la fraîcheur dans le Sud. Et félicitations pour cette première place pour la première alerte dans un mois de mai, je suis un peu jaloux.

Il faut changer les habitudes.

On marche sur la tête et on transpire des pieds alors on a décidé de faire des choses qu'on ne faisait pas. Prendre un abonnement au théatre pour espérer monter sur scène avec Édouard en juin prochain, aller à la plage car c'est vrai qu'en en a une à cinq cent mètres, acheter des pantalons en lin (et aimer les porter). Bientôt on mettra des pantacourts et on ira à Cannes en longe-côtes. Tout est possible. Je me force à tenir bon dans mon boulot alors qu'il va disparaître plus vite que mon désespoir. Quel avenir attend un type sans compétence non-artificielle, qui transpire des doigts, porte des pantalons en lin et va au théatre ? Me voilà pessimiste à nouveau.

Il faut parier.

On ne peut plus prendre de décisions par raisonnement, penser aux certitudes, faire des plans. On peut seulement voir la réalité et s'imaginer l'inverse. Entraîner sa tête à marcher et ses pieds à réfléchir. Sortir de sa zone de confort c'est fait, le confort n'existe déjà plus. Alors je regarde ce que je n'aime pas, ce que je ne sais pas faire, et je me dis que c'est peut-être le moi de demain. Il ne ressemble à rien pour l'instant, mais c'était ce que je pensais d'un type en pantalon en lin. Et d'ailleurs, j'ai entendu dire que les mocassins étaient très pratiques en été. Alors je me prends simplement à imaginer que je serais un homo versatilis aptus ad se accommodandum, dernière évolution de l'être humain qui a encore cru pouvoir s'adapter.